Tuesday, 12 March 2013

STREET ART by SaHaD




Crée dans la rue au milieu des années 1970 et parrainé par l’émergence de la culture Hip-Hop, le Street-Art s’est propagé à coup de bombes et de graffitis sur les murs de la ville. Mode subversif de l’expression d’une jeunesse abandonnée, l’espace urbain dans son ensemble est vu comme une toile géante et est tour à tour marqué au fer par des tagues, des pochoirs, des mosaïques, des stickers, des affiches. Pourtant, l’utilisation de matériaux comme des bombes aérosols, de la peinture, des cutters ou encore des rouleaux adhésifs, rend compte de l’éphémérité et de l’urgence de la création. Et à l’heure d’une génération qui grandit au rythme des métros, le phénomène s’est propagé à vitesse grand V sur la scène internationale. Loin des règles communes et des institutions, le Street-Art est devenu un mouvement artistique contestataire et souvent officieux, voire illégal, où la volonté première des artistes de Street-Art est de se rendre visible au plus grand nombre d’usager de l’espace publique, en répétant le plus possible leur production, afin que l’on finisse par visualiser leur « signature » et reconnaître leur existence anonyme ; l’urbain tout entier est devenu la galerie de ces artistes contemporains.

En retranchant la création quasi hors-contexte, le Street-Art s’est vu en permanence confronté à la question de savoir si c’est de l’Art – comme on l’entend généralement au sens classique du terme. Loin de chercher à être exposés, les artistes de Street préfèrent bien souvent travailler à ciel découvert sur de grands espaces ou des terrains vagues, en frôlant toujours la limite de la légalité, ne serait-ce que par l’utilisation de leur support de prédilection : le mobilier urbain. Les règles entre liberté et légalité sont alors sans cesse confrontées l’une à l’autre. Bien que depuis une décennie, on puisse assister à un phénomène de mode concernant le Street-Art, qui serait aux antipodes de sa philosophie d’origine. Certains artistes de renom ont acquis non seulement le statut d’artiste à part entière mais un vrai marché s’est ouvert à cet art qui puise de la rue, de la jeunesse et de sa créativité sans cesse renouvelée. Rien ne semble permanent. Tout est toujours en mouvement.