Friday, 2 October 2015

¡VIVA MÉXICO! BY SaHaD

Casa Azul, Musée Frida Kahlo, Coyoacán, México D.F., Mexique

Perchée à 2.300 mètres d'altitude et encadrée au loin par des montagnes et les pyramides de la Lune et du Soleil, à Teotihuacan dans la cité des dieux, México D.F. (Distrito Federal), est la capitale du Mexique et la ville la plus peuplée du pays, voire même la quatrième ville au monde derrière Tokyo, Delhi et Shanghai, avec plus de 20 millions d’habitants, en s’étendant de 60 km sur 40 km. Pour la petite histoire, fondée sur le lac de Texcoco dès le début du XIVe siècle par les Mexicas, Tenochtitlan devient rapidement la capitale de l’empire aztèque, et une ville déjà impressionnante par sa taille, qui compte entre 150.000 et 250.000 habitants à l'arrivée des Espagnols.
Métropole de la démesure, dans cet étourdissant magma urbain, tout se côtoie, tout se mélange, un dynamisme perpétuel, de bons restos, une vie nocturne trépidante ; et l’ambiance y est baroque ! México est riche de son patrimoine quelle sait conserver, fière de ses origines, avec un centre historique inscrit au Patrimoine mondial de l'Unesco, les ruines du Templo Mayor, consacré aux dieux Tlaloc et Huitzilopochtli, ont été mises à jour et l’on peut toujours apercevoir le Quetzalcóatl (le serpent à plumes) sur le Zócalo, une place aussi élégante que gigantesque.
Et l’art n’est pas en reste dans cette ville qui a vu bouillonner la révolution culturelle de Diego Rivera et des Muralistes, qui a pour un temps inspiré les Surréalistes et leur chef de file André Breton, qui a permis à la culture indigène de reprendre des couleurs, et qui a entendu Frida Kahlo exprimer son cri de douleur pour la vie. México fleurit tout autant d’endroits propices à l’épanouissement culturel.
Coyoacán, un des derniers quartiers rattachés à la ville, est comme un enclos bucolique à l’écart de la multitude en mouvement de la capitale. C’est dans le centre de cet ancien village que naît et vit Frida Kahlo, dans ce que l’on nomme La Casa Azul (La Maison Bleue), surnommée ainsi en raison de la couleur de ses murs extérieurs et intérieurs. Construite en 1904, la maison natale de l’artiste est donnée à sa mort en 1958 par Diego Rivera, mari de Frida, pour en faire un musée. Elle abrite quelques œuvres de la peintre, ainsi que ses objets personnels, des livres et des collections privées comme les statuettes précolombiennes. Le 9 janvier 1937, le président Lazaro Cardenas del Rio accorde l'asile politique à Léon Trotski, qui a été hébergé avec sa femme dans la « Maison Bleue » pendant deux ans, jusqu’en avril 1939 – lorsque se développe une brève liaison – que l'on dit passionnée – entre Trotski et Frida. Egalement à Coyoacán se trouve le musée Diego Rivera Anahuacalli (« la maison de Anahuac »), designé par le muraliste Diego Rivera, qui abrite la vaste collection des pièces précolombiennes de l’artiste – même la plus grande du pays –, qu’il commence à collectionner dès son retour d’Europe, à partir de 1920.
Pour un grand bol d’air frais, une belle ballade dans le « Central Park mexicain » s’impose. Chapultepec est une grande colline composée de 500 hectares de terrains alentour. Il comprend notamment le château de Chapultepec où l'Empereur Maximilien et l'Impératrice Carlota du Mexique vécurent, le Musée National d’Anthropologie, le musée d'Arts Modernes, le musée Tamayo et le monument Los Niños Héroes (à la mémoire des cadets qui défendirent le château de Chapultepec, alors académie militaire, lors de l'invasion des troupes américaines le 13 septembre 1847 durant la bataille de Chapultepec).
Au nord du parc de Chapultepec, Polanco est la zone d’affluence économique, connue pour sa grande avenue Avenida Presidente Masaryk, avec les plus grandes boutiques de marque, ses hôtels et ses résidences. C’est là également que se trouve le quartier juif de la ville, avec ses différents synagogues et ses commerces casher.
Pour la beauté de l’architecture, les nouvelles tendances modes, les restaurants innovateurs, La Condesa est incontestablement le quartier où il faut se perdre ; et c’est d’ailleurs l’un des lieux de résidence privilégiés de nombre de célébrités mexicaines. Réputé par son architecture Art Déco développé depuis le début du XXème siècle, le quartier doit son nom de la vieille Hacienda de la Comtesse de Miravalle, occupée aujourd'hui par l'ambassade de Russie.
Et maintenant, pour le voyage gustatif, hormis la Tequila mondialement connue, faites un petit voyage spatio-temporel, rentrez dans une Pulquería et découvrez la boisson des dieux et des Aztèques par excellence : le Pulque, une boisson alcoolisée traditionnelle issue de la fermentation partielle de la sève de maguey. Et pour accompagner votre boisson, une bonne Sopa de Tortillas, plat typique mexicain, à base de bouillon de volaille, de Queso Oaxaca (fromage local), d’avocat et de tortillas séchées. L’histoire veut que la population indigène adopta le maïs comme ingrédient de base pour ses plats, du fait de l’abondance de celui-ci dans la région, et à l’arrivée des Espagnols au Mexique, ils ramenèrent avec eux la soupe et la préparation du bouillon (El Caldo de Pollo).
Dans cette ville qui vit dans un perpétuel balancement entre passé et présent, pour le côté atypique de la chose, oubliez la mauvaise réputation de la ville sur la pollution et la violence – qui oui, existent bien, comme dans toutes métropoles –, et saluons le projet mis en œuvre par le Germen Crew (un collectif de Street artistes), qui a repeint plus de 209 maisons dans le quartier de Palmitas dans la ville de Pachuca, qui se trouve à une centaine de kilomètres de México, aidé par les habitants des maisons de la colline. Ce gigantesque projet, initié par le gouvernement mexicain, avait autant un caractère artistique que social, car cela a impliqué près de 452 familles, a fourni du travail rémunéré pendant les cinq mois qu’a duré le chantier, et plus aucune violence n’a été déclarée durant ce laps de temps.

SaHaD
(Texte publié dans Lo'La Magazine, Octobre 2015)