Tuesday, 17 November 2015

LA HAVANE « CLEF DU NOUVEAU MONDE ET REMPART DES CARAÏBES » by SaHaD

La Havane, Cuba
La Havane (La Habana, en espagnol)… Une légende raconte que Habana était le nom de la fille du chef de la tribu qui contrôlait la région au moment de l'arrivée des Conquistadores à Cuba, Habaguanex, en 1510.
Sa position centrale dans les Antilles en a fait une ville d'importance lors de la colonisation espagnole, qui sert de base pour la Conquista d'autres contrées – c’est de là que Hernán Cortés y organise son expédition vers le Mexique. Le roi Philippe II d'Espagne accorde à La Havane le statut de ville en 1592, et un décret royal de 1634 reconnaît son importance en la désignant officiellement comme « Clé du Nouveau Monde et Rempart des Caraïbes ». Pauvre en or, argent et pierres précieuses, l’île de Cuba tout entière reste pendant très longtemps très peu peuplée. Aujourd’hui, La Havane, capitale de l’île de Cuba, est la plus grande ville des Caraïbes. D’une richesse architecturale métissée, dans un mélange de monuments baroques et néoclassiques, ainsi qu’un ensemble homogène de maisons avec arcades, balcons, grilles en fer forgé et cours intérieures, la Habana Vieja – la vieille ville – a été inscrite au Patrimoine mondiale de l’humanité par l’U.N.E.S.C.O. L’hôtel National de Cuba, monument national et l’un des symboles de l’histoire, de la culture, de l’identité cubaine, est un joyau architectural édifié en 1930 en plein quartier du Vedado, à quelques pas du légendaire El Malecón, célèbre promenade au bord de l'océan. Le Focsa et l’hôtel Habana Libre sont également des vestiges de l’époque où La Havane était la capitale continentale du plaisir et de l’oisiveté, fréquentée par les grands du monde, de Winston Churchill à Frank Sinatra. Le temps semble d’ailleurs s’y être arrêté, entre splendeur éclatante et délabrement absolu, elle est aujourd’hui la ville de tous les paradoxes et d'insondables contradictions. Ici, il existe deux villes où circulent deux monnaies, celle des locaux, et celle des touristes. La majorité de la population vit au sud de La Havane près des zones industrielles. Un peu plus loin, se trouvent l'aéroport international, le golf et un zoo. A l’est, la ville est reliée à la Vieille Ville grâce à un tunnel de 733 mètres finalisé en 1958, avec principalement des H.L.M. et deux petits villages de pêcheurs : Cojimar et Alamar. Mais avec l’embargo américain depuis peu levé, l’engouement la « ville aux Milles Colonnes » connaît un certain essor sans précédent depuis le début de l’année.

LA SAISON DES SPECTACLES :
-       FÉVRIER : Festival International de Jazz
-       OCTOBRE : Festival International de Ballet
-       DÉCEMBRE : Festival du Nouveau Cinéma Latino-américain

La Havane et la communauté juive

1492. A cette époque, l’Inquisition met l’Espagne à feu et sang, et quelques années plus tard c’est au tour du Portugal, de condamner les Juifs et les musulmans à se convertir au Christianisme ou à quitter le royaume (N.-B. : C’est à ce moment là qu’apparaissent les Marranes).  Cette même année, pour le compte de la couronne d’Espagne, Christophe Colomb découvre par « inadvertance » que la terre est ronde, et, en pensant se rendre en Inde par la route de l’ouest, découvre Haïti – qui à l’époque se fait appeler Hispaniola. En 1509, les premiers espagnols posent le pied à Cuba, et de là partent pour la conquête de l’Amérique latine. Les terres sont colonisées et propriétés de Louis d’Aragon et d’Isabelle de Castille. C’est environ cent soixante Juifs qui ont navigué aux côtés des explorateurs, très certainement convertis ou occultant leurs origines pour échapper aux flammes des bûchers ; bien que l’Eglise et avec elle l’Inquisition, les aient pourchassés jusque dans le Nouveau Monde. Martín Alonso Pinzón, qui s’illustre dans l’armement des trois caravelles de Colomb, et le premier propriétaire terrien juif à Cuba. Polyglotte accompli – il domine notamment des langues telles que l’araméen, l’arabe et l'hébreu (car le Grand Amiral supposait qu'ils naviguaient vers l’Asie), c’est lui qui introduit le tabac en Europe. Curieusement, ce n’est que beaucoup plus tard qu’un autre agriculteur juif, Luís Marx, a recherché et développé les techniques appropriées pour la culture du tabac.
Il faut attendre le XXème siècle pour que soit constituée une véritable communauté juive à Cuba, pour la raison très évidente que ce fut seulement en 1881 que le gouvernement de Madrid autorisa la migration des Juifs. De plus, la pratique de toute autre religion que la catholique, la seule reconnue officiellement, était interdite.
La véritable envolée a eu lieu après la Guerre Hispano-Américaine de 1898, aussi appelée Guerre d’Indépendance, beaucoup de Jjuifs de Floride se sont installés comme commerçants sur l’île, pour finalement fonder la « United Hebrew Congregation », une synagogue réformée, en 1904. Avant la Première Guerre mondiale, beaucoup de Juifs d’Orient sont arrivés avec l’ambition d’y faire une réussite commerciale, les Juifs cubains étant très actifs dans le secteur économique : le transport de canne à sucre de Madeira vers le Brésil et les Antilles, et la production de tissus spécieux destinés à la culture du tabac. Ils furent suivis à partir de 1920, par les familles d’Europe de l’est qui avaient, quant à eux, pour ambition de rejoindre les Etats-Unis, malheureusement plus disposés à accueillir de nouveaux immigrants, ils ont dû se résoudre à rester sur l’île. A la veille de la prise du pouvoir par Fidel Castro, les Juifs étaient 15.000 sur l’île. Une fois le Parti Communiste en place, et trente ans de politique anti-religieuse, la plupart sont partis pour Miami. Si les Juifs de La Havane ont toujours représenté le gros de la communauté – 75 % des Juifs de Cuba y vivaient – les Juifs s'établirent également dans d'autres villes : Camaguey qui comptait près de 800 Juifs avec deux synagogues construites dans les années 1920 ("Shevet Achim" pour les Juifs ashkénazes et "Tiferet Israel" pour les Juifs séfarades), contre 58 âmes aujourd’hui, et Santiago de Cuba où existe une communauté juive depuis 1924, où il ne reste qu’une soixante de Juifs. Quelque 1.000 Juifs vivent aujourd’hui à La Havane.
Malgré une communauté réduite, et avec plus de 90 % de mariages mixtes, le judaïsme connaît un renouveau. Il n'y a pas d'antisémitisme, on peut enfin y pratiquer sa religion librement, sans craindre des actes hostiles, de la rue ou du gouvernement.

SaHaD
(Article publié dans Lo'La Magazine, Novembre 2015)

LE SAVIEZ-VOUS ?

Dans les années 1750, La Havane comptait plus de 70 000 habitants, ce qui en faisait la troisième plus grande ville d'Amérique, derrière Lima et Mexico, mais devant Boston et New York.

La canne à sucre a été apportée de l'Inde à Cuba, au XVIème siècle, par des Juifs portugais.

Barrio Chino est l'un des plus anciens Chinatown d'Amérique latine. Avec l'arrivée de Castro, une partie de cette population chinoise a quitté le pays.

La première femme gouverneur de l'Île fut une juive convertie : Isabel de Bobadilla.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Cuba accepta plus de réfugiés qu'aucun autre pays d'Amérique latine.

Le Voyage des damnés est un film qui raconte l’histoire des 963 passagers Juifs allemands du paquebot « Saint-Louis », qui se virent refuser – sous pressions américaines – l’entrée à Cuba, alors qu’ils avaient reçu des visas de l’ambassade cubaine en Allemagne.


Il n’existe plus de liens diplomatiques entre Cuba et Israël depuis la Guerre de Kippour.