Sunday, 3 January 2016

EDITO LO'LA MAGAZINE, JANVIER-FÉVRIER 2016 by SaHaD

Couverture Lo'La Magazine, côté femme, janvier-février 2016
Dans ce pays qui vit au temps du désert, qui avance au rythme des vagues, qui brille par la lumière irradiée des pierres blanches, qui respire les effluves des épices de l’Orient, qui souffre du manque d’eau. Dans ce pays qui marche au pas de ses soldats, qui pleure sous les rafales de roquettes, qui a le souffle coupé entre deux guerres. Dans ce pays qui se saoule dans l’effervescence de ses street parties, qui s’aime aux sons de ses concerts en pleine nature, qui se bat dans l’espoir de vivre en paix.
Les lumières de ‘Hanoukka ont été allumées comme le présage d’un martèlement durant huit jours d’affilés d’ « un seul peuple, un seul cœur »… Et de la flamme de ces bougies l’étincelle de la victoire espérée. Les festivités de la fin d’année civile amènent à leur tour l’espoir d’un renouveau, d’un changement, d’une amélioration pour cette année 2016.
Certainement beaucoup se demandent s’il faudrait tout quitter, quitter la France pour venir en Israël, d’autres au contraire, si malgré les turbulences vécues en Europe, il ne vaudrait pas mieux partir d’Israël. Pour ma part, je dirai simplement qu’Israël est ce petit pays sur la carte, la destination d’un voyage qui a commencé il y a plus de 2000 ans, avec une culture et une langue qui me sont étrangères, je n’y ai pas étudié, je n’ai pas fait l’armée, je n’y ai pas mes amis d’enfance. Comme tous les Juifs, j’y ai un peu de famille, mais pas forcément ceux qui me sont les plus proches. J’ai grandi à Paris, j’ai vécu au Mexique, et du jour où j’ai mis un pied à Jérusalem, je me suis sentie dans une dimension où le temps n’existe pas, où passé, présent et futur, ne sont qu’un même instant. Capitale éternelle, ma maison. Le cœur du monde. Il a fallu que j’aille jusqu’au Mexique pour comprendre quel est le sens de mon identité, que je parle français, que ma culture soit française, c’est un hasard, ceux sont les aléas de mon histoire familiale ; je suis née en France, comme d’autres sont nés en Turquie, au Yémen, en Pologne, en Ethiopie, en Argentine, aux Etats-Unis, en Russie… Chacun fait le choix de sa vie. Mais qu’on le veuille où non, nos regards, nos pensées, nos prières, nos espoirs convergent en un seul point. « Un seul peuple, un seul cœur ».

SaHaD
(Article publié dans Lo'La Magazine, Janvier-Février 2016)