Thursday, 14 January 2016

GARTNER, OU LA MÉMOIRE DU MONDE by SaHaD

"Ligbar" by Gartner

Chaque parcours est insolite, chaque chemin est semé d’embuches et de parterre de roses. L’histoire de l’artiste Gartner est, comme toutes les histoires d’hommes, unique dans la mémoire du monde.
Né à Anvers, dans la région flamande de la Belgique, les Juifs parlent entre eux le français, et presque toute la communauté travaille alors le diamant – Gartner apprendra même le Yiddish en y côtoyant les Hassidim. Ses deux parents sont des survivants de Auschwitz – plus de la moitié de leurs familles ne reviendront pas (son père y perdra sa première famille, femme et enfants za’’l). Dans ce monde du silence pesant que l’on ne comprend pas toujours même à demi mots, Gartner se tourne très jeune vers la musique, transporté un temps par les sons et les mélodies qui vous bercent et vous envolent. Il compose, travaille avec de grands noms de la chanson française. Puis la peinture entre soudainement dans sa vie, pour ne plus en sortir, dès 1991 avec sa première exposition à New-York. S’enchaînent alors les salons et les expositions entre la Belgique, la France, Monaco, le Canada, les Etats-Unis… et Israël. Au mois de novembre 2015, le peintre a participé au Festival « Art’Drenaline » qui a eu lieu au musée Heichal Shlomo de Jérusalem, pour une exposition collective d’artistes israéliens contemporains, chacun d’horizons graphiques et géographiques différents.
Avec son installation en Israël, les couleurs de sa palette se sont éclaircies, ses ocres sont imprégnées de l’éclat du soleil du désert, et ses rouges puissants sont imbibés de la chaleur flamboyante des nuits d’été. Chaque toile est préparée en lui donnant une structure et du relief au moyen de collages : « La texture, c'est la vie ; comme une peau, ce n'est jamais lisse, il y a des crevasses, des trous, des rides », et puis vient le temps de l’histoire, avec ses ronds et ses courbes – leitmotiv qui suit chacune de ses œuvres comme un fil qui jamais ne se rompt. L’artiste dira lui-même : « J’aurais voulu retenir le temps qui avance inexorablement et laisser quelques-unes de mes traces dans la mémoire des hommes ».


SaHaD
(Article publié dans le Futé Magazine n°223)


Pour plus d'informations sur l'artiste : Gartner