Sunday, 6 March 2016

LES 100 ANS DU MOUVEMENT DADA CÉLÉBRÉS PAR DES ARTISTES ISRAÉLIENS by SaHaD

Invitation de l'exposition pour les 100 ans du mouvement Dada

A Zurich, le 5 février 1916, le célèbre « Cabaret Voltaire » ouvre à l’initiative du poète et philosophe allemand Hugo Ball, qui réunit autour de lui des artistes tels que Jean Arp, Tristan Tzara ou encore Marcel Janco, et ensemble ils créent un mouvement d'art qui a changé le visage de l'art moderne dans le monde entier.
Les spectacles du cabaret, qui, pour la plupart impliquait l'excitation cinglante de l'audience, étaient des critiques ouvertes des dadaïstes sur les valeurs de la culture occidentale et leur rébellion dans l'ombre de la grande guerre menée en Europe. Ils s’appliquèrent courageusement à saper les fondements esthétiques traditionnels de la peinture et de la sculpture, la logique de la langue et de la littérature, et la texture classique de la musique. « Cabaret Voltaire » a fonctionné pendant six mois seulement, mais les graines qui y ont été plantées ont fleuri dans de nombreux centres dans le monde entier et ont été reconnues dans l'art au cours des années qui ont suivi.

A l’occasion des cent ans du mouvement Dada, le musée Janco Dada de Ein Hod propose une exposition qui met en avant les éléments dadaïstes dans le travail artistique de l’art israélien contemporain. Douze commissaires ont été invités à proposer un artiste ou un groupe d'artistes représentatifs de ces principes dadaïstes, dans différentes disciplines comme le collage et l'assemblage, le photomontage,  la performance artistique, ainsi qu’en poésie, écriture, danse, et autour de thèmes comme le rejet et l'abolition des formes existantes, l'absurde, la coïncidence, la manifestation anti-guerre politique, l’atteinte à l'ordre existant, la protestation sociale.

Ruth Noam est l’une des artistes exposants dans la discipline du collage et de l’assemblage avec son projet de vidéo art « Editing Room », qui représente une oreille humaine à l’intérieur de laquelle se trouve une vidéo d’où défilent des images sans son. Au-delà de l'enquête physique de la structure de l'oreille humaine, il s’agit de l’exploration entre « la vérité et l'illusion », de ce qui est vu et entendu selon sa perception propre. Quelle est la relation entre la forme et la structure de l'oreille et la subjectivité de l'audition ? Des concepts tels que « l'écoute sélective » ou « l’interprétation personnelle » sont renforcés devant d’autres variables de la personnalité comme l'éducation, la culture, ainsi que des facteurs psychologiques. L'art vidéo (réalisé par le Studio Poink) présente une dimension visuelle au mystère de l'écoute sélective, qui est essentiellement universelle. Il dépeint les rencontres de « réalité » que nous percevons, l'interprétation personnelle qui dépend du temps, du lieu,  de l'ambiance,  de l'éducation, de la culture, de l'art, d’un état physique et mental. La «vérité objective» que le sujet de ce travail questionne est la frontière entre vérité et mensonge de l’audition, face à l’écoute, la perception et l’interprétation subjective.

Musée Janco-Dada
Village d’Artistes
MP Hof Hacarmel 30890
Ein Hod
Tel: 04-9842350
Vernissage : vendredi 4 mars à 12h
Du dimanche au jeudi : 10h-15h
Vendredi : 10h-14h
Samedi : 10h-15h30


SaHaD
(Article publié dans le blog Times of Israel)