Wednesday, 22 June 2016

L’ECOUTE SELECTIVE DE RUTH NOAM « PAS DE TEMPÊTE EN VUE » by SaHaD

Invitation de l'exposition " Pas de Tempête en Vue" de Ruth Noam
L’écoute sélective au centre de la nouvelle exposition de Ruth Noam « Pas de tempête en vue ».

Lorsque l’on découvre cette nouvelle installation de l’artiste israélienne Ruth Noam, la sensation initiale qui envahit le spectateur est de l’ordre de la perturbation, entre une petite fontaine d’où s’écoule un goutte-à-goutte et des oreilles agrandies et agencées sur le plancher.
L’on est surpris par la thématique et le sens de la mise en scène. Les oreilles, monstres terrifiants à l’aspect de chair, sont ce qui reste d’entités perdues et inconnues, à même le sol.
Mais à bien y observer, chacune d’entres elles est reliée par un fil électrique formant une colonie qui peut se propager et se protéger. Les vibrations seraient-elles la respiration des organes ou leur dernier spasme ? Ruth défie ici le public.
Le thème de l’oreille, par lequel l’artiste s’atèle à la notion d’écoute sélective, ainsi que celui du va-et-vient de l’eau, sont récurrents chez Ruth.
Dans son travail ultérieur « Editing Rooom », on y voit une oreille en résine à l’intérieur de laquelle s’y trouve une vidéo art sans son. L’ouïe est représentée par la forme de l’oreille mais le sens sollicité dans l’œuvre est celui de la vue. L’insistance est ici portée sur la sélection et le filtrage des données et des valeurs prises par les oreilles, en représentant divers domaines de la pensée, du spirituel, de l’abstrait et du sensuel.
Dans « I Lost My Heart In Lanzarote » qui consiste en une série de vidéos art qui a pour centre l’élément de l’eau, le son est également très peu présent et le caractère hypnotique du montage n’est pas sans rappeler le goutte-à-goutte répétitif de sa nouvelle installation. Ici, les gouttes qui tombent et les oreilles sont la représentation de la façon dont nous assimilons les valeurs, les opinions et les stéréotypes.
Ruth Noam ne donne pas au spectateur le luxe de prendre du recul du point de vue de l’observation et de l’évasion intellectuelle, sinon qu’en mettant en exergue la faiblesse humaine, quant au pouvoir du sens qui sait, voit et écoute ce qu’il connaît ou croit connaître, et non ce qui est.

Vernissage le 23 juin 2016 à partir de 19h30
La Maison des Artistes
Elkharizi street 9
Tel Aviv
Téléphone : 03-524-6685


SaHaD
(Article publié dans Times of Israel)