Monday, 10 October 2016

LA ROUTE by SaHaD

by Dan Groover
Ce qu’il y a de magique avec la route, c’est que l’on dirait que c’est la même ; sans fin.
Le début, c’est tout simplement lorsque l’on ouvre les yeux dessus et que l’on s’aperçoit qu’on est en train d’y marcher depuis un moment déjà.
Elle change, elle est variante, elle tourne, elle est goudronneuse, parfois caillouteuse voire même sablonneuse ; elle monte, elle descend. Elle traverse les rivières et escalade les montagnes ; elle est brûlée par le soleil ou glissante par le gel. Elle peut être multicolore selon les saisons, les paysages qui l’entourent : verte comme l’herbe grasse qu’aiment à brouter les vaches, rouge pivoine, jaune tournesol, paille sèche comme le blé, blanche comme neige, noire parsemée d’étoiles quand vient la nuit, grise pluvieuse comme le chagrin. D’une compagnie agréable ou pesante selon son humeur. Mais toujours présente et fidèle au rendez-vous qu’il roule ou qu’il court ; dans un sens comme dans l’autre.

by Dan Groover
Et puis, elle parle toutes les langues, résonne au rythme de toutes les révolutions, se façonne à toutes les dictatures. Pourtant, elle ne connaît pas de frontières. Et lorsqu’elle est blessée, on l’a répare toujours. Lorsqu’elle s’épuise, on la pousse toujours plus loin.
La route, c’est la veine artérielle entre le cœur du ciel et l’âme de l’homme.

by Dan Groover


SaHaD
(Poème publié dans le Futé Magazine)